Tahiti : une manifestation contre un projet immobilier

200 personnes se sont rassemblées pour protester contre un projet immobilier, au vallon Terua, sur la commune d'Arue (Polynésie française). Il prévoit la construction de 224 logements.

Résidence Terua à Tahiti


Une opération comprenant 27 bâtiments

Le programme Terua prévoit la construction de 224 logements mixtes, répartis sur 27 bâtiments, "entre les lotissements Nohoarii, Terua I et II, Temahana, les quartiers Vernaudon, Bonno et en bordure d'Erima, uniquement accessible par une petite piste actuellement non viabilisée", indique Tahiti Infos. Le promoteur espère ainsi commercialiser 40 T2, 76 T3, 68 T4 et 32 T5. La livraison des biens est prévue en plusieurs phases, jusqu'en 2022.
 
Les parcelles totalisent 5 hectares et se situent sur un terrain en majeure partie sur des terrains risquant des mouvements de terrain, de "moyen à fort". La hauteur des bâtiments (3 étages) est l'un des points de contestation des riverains.


Un rassemblement de 200 personnes

Le projet ne plaît pas beaucoup à certains habitants et 200 d'entre eux se sont rassemblés à Arue, le 9 juin 2018. "On est dans des quartiers résidentiels, soumis à des règles de construction très strictes et là, tout d’un coup, on voudrait nous imposer 28 immeubles, dans un trou situé au milieu. Le promoteur agit aujourd’hui sous couvert du critère social. On n’est pas contre un lotissement social, mais il faut penser que si on reloge des gens dans des cages en béton, dans 10-15 ans ce sera une poudrière pour toute la commune d’Arue", a expliqué l'un des opposants.
 
Et de poursuivre, sans décolérer : "On parle ici de loger 1500 à 2000 personnes de plus sur la zone. Il s’agit d’une augmentation de 15 % de la population d’Arue. Mais on ne prévoit pas d’école, ni de dispensaire. La route est dimensionnée pour un trafic de quelques centaines de personnes. On va créer un véritable goulot d’étranglement. Là, il n’y a pas de place pour tracer une route et des assainissements adaptés aux futurs besoins. Il faudrait exproprier."


La mairie irait dans le sens des manifestants

Une pétition a été lancée et a recueilli plus de 400 signatures. Elle souligne l'impact qu'aurait un tel projet sur la nature : "On va tailler complètement la montagne, on va faire du béton, du béton, du béton et en fait on est en train de créer une ville qui va être invivable, en plein milieu de la montagne", a encore déclaré un manifestant. Les riverains vont désormais être attentifs à ce qui va se passer : "On espère qu'on va être entendus. Le projet peut être encore revu, corrigé, etc. On verra ce que diront les instances. Il doit déjà passer en traitement administratif au niveau du permis. On verra ce qui en sort."
 
La mairie d'Arue n'accueillerait pas la construction avec bienveillance. Elle aurait adressé un courrier au promoteur afin de souligner de nombreux problèmes. Elle aurait notamment pointé l'étroitesse des voies de circulation et les problèmes d'assainissement. Et il y aurait des différences sensibles entre le projet qui lui a été présenté et celui qui est désormais envisagé. Il devrait donc bien revoir sa copie.

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