Le département de Haute-Garonne s'oppose à la réforme territoriale

Georges Méric, le président (PS) du Conseil départemental de Haute-Garonne, s'oppose à la nouvelle réforme territoriale. Il pense qu'elle provoquera un affaiblissement des départements au profit des métropoles. Il bénéficie du soutien de plusieurs autres présidents de département.

Centre-ville de Toulouse


Le département de Haute-Garonne ne veut pas du "modèle lyonnais"

Le président du Conseil départemental de Haute-Garonne a transmis un courrier à Emmanuel Macron et à l'AFP afin de dénoncer les paroles tenues par Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, lequel souhaitait "voir s'appliquer en Haute-Garonne le modèle lyonnais". Il dénonce la nouvelle réforme territoriale menée par le gouvernement, qu'il pense basée sur le modèle de Lyon. Elle permettrait de fusionner le département et les agglomérations les plus importantes, ce qui donnerait davantage de pouvoir aux métropoles, aux dépens du Conseil départemental.
 
"Nous pensons que le modèle lyonnais ne peut s’appliquer sans distinction des territoires. Le département de la Haute-Garonne, pour sa part, présente un fort déséquilibre entre une métropole très dynamique et des zones périphériques pour certaines isolées. L’application du modèle lyonnais au territoire haut-garonnais ne ferait qu’accroître ces disparités", a estimé Georges Méric (propos relayés par France 3).
 

"Moudenc propose de nous vider les caisses"

Sébastien Vincini, premier secrétaire fédéral du PS de Haute-Garonne et rapporteur du budget au Département, est plus incisif encore : "Jean-Luc Moudenc propose de nous vider les caisses. Il veut tout confisquer, car il ne nous supporte pas. M. Moudenc veut être Jupiter sur son territoire, mais il est hors de question que nous perdions notre autonomie financière. Nous ne nous laisserons pas faire."
 
Georges Méric considère que le modèle rhodanien ne fera qu'augmenter les inégalités : "Le modèle lyonnais, c'est quasiment la disparition du département. Les territoires les plus riches des départements, ce sont les métropoles, c'est faire plus pour ceux qui ont plus. (…) Le modèle se traduirait par une amputation du département, le Conseil départemental n'étant plus compétent que sur les territoires périurbains, ruraux et de montagne", a-t-il ajouté. Il demande donc aux "85 à 90 % des maires qui sont contre" de se mobiliser afin de "faire valoir une coopération intelligente". Il pense que d'autres solutions sont possibles : "En lieu et place de la fusion des compétences dans le périmètre de l'aire métropolitaine, il faut définir un modèle alternatif fondé sur la complémentarité et la coopération entre le département et la métropole."
 
Le président du Conseil départemental de Haute-Garonne n'est pas le seul à avoir signé le courrier puisque ses homologues de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, de la Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, du Nord, Jean-René Lecerf, et des Alpes-Maritimes, Charles Ange Ginesy, en ont fait de même. Ils souhaitent être reçus par le président de la République.
 
Cette lutte n'est pas sans rappeler celle de 2008, lorsque Pierre Izard (PS), le président du département de Haute-Garonne de l'époque, s'était révolté contre une autre réforme menée par Nicolas Sarkozy, lequel souhaitait supprimer les Conseils généraux.

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