Nancy : un recours a été déposé contre l'îlot Thiers

Le chantier de l’îlot Thiers, qui impliquait la construction d'un bâtiment de 27 mètres de haut, est à l'arrêt. Une association a déposé un recours afin de faire annuler le permis de construire. Le maire et le promoteur restent néanmoins confiants.

Le centre-ville de la ville de Nancy, avec son architecture soignée


"Ce projet n'apporte rien à la place Simone Veil"

L’Association pour le rayonnement et le patrimoine de Nancy a déposé un recours afin de faire annuler le permis de construire de l'îlot Thiers. Elle disposait jusqu'au 1er avril pour le faire. "Les milliers de Nancéiens, qui se sont déjà exprimés contre le projet de construction d’un second bâtiment, ont encore une chance de faire valoir leur opinion", a-t-elle annoncé (propos relayés par L'Est Républicain).
 
La pétition qu'elle a lancée a recueilli la bagatelle de 3 528 signatures : "Nous ne cherchons pas à faire démolir la tour Thiers, mais simplement mettre en évidence que ce nouvel immeuble ne règle pas le problème de la tour, qu’il n’apporte rien à la place Simone Veil et n’est pas un miroir pour l’Excelsior. Nous sommes opposés à cette construction parce qu'il est fou de vouloir rajouter du béton au béton", a déclaré Arnaud Gérard, son coprésident.
 

Les riverains veulent des arbres

Le projet implique la démolition de galeries commerciales et la construction d'un bâtiment de 27 mètres, à côté de la Tour Thiers. Il y a quelques semaines, le promoteur a organisé une réunion publique afin de présenter l'opération. Il a diffusé un film en 3D et refusé de qualifier l'édifice de "tour". Il ne fait effectivement que 80 centimètres de plus que l'Excelsior, qui se situe juste en face. La livraison est prévue pour 2020.

Les riverains présents n'ont pas été des plus réceptifs aux arguments du promoteur. L'un d'entre eux a reproché le manque de "dégagement", tandis qu'un autre a dénoncé l'absence de végétaux : "On veut de la verdure et des arbres ! Pauvre Simone Veil !" Le choix du projet est ainsi loin de faire l'unanimité : "Ce qui me dérange, c’est que vous n’avez pas prévu ni de plan B, ni de plan C ni de plan D", a lancé un troisième.
 

Le deuxième projet du promoteur également menacé

La mairie se défend d'avoir outrepassé ses droits : "C’est un acte normal. La ville de Nancy a l’habitude de traiter ce genre de recours, pour des sujets souvent moins sensibles. Nous répondrons de façon très normale et juridique à un recours juridique. L’intérêt de ce dernier sera de confirmer que l’autorisation d’urbanisme est bien légale et conforme à la réglementation", a répondu Laurent Hénart, maire de la ville lorraine.
 
Le promoteur, qui discute avec l'architecte des bâtiments de France et les propriétaires des commerces, depuis deux ans, dément "être passé en force". En attendant que la justice tranche, il tente de se consoler avec un autre projet, sur le site de l’ancien hôtel Park Inn. Il se heurte à l'opposition farouche d'autres riverains, lesquels pourraient déposer un nouveau recours.

A lire également dans le dossier Articles sur l'immobilier en France :

i