Projet Bel Eden : le plan de circulation de la discorde

Le projet de résidence seniors Bel Eden à Bagnères-de-Bigorre accuse un retard de deux ans en raison du recours déposé par une association. Le jugement du tribunal pourrait permettre son lancement, malgré les inquiétudes liées à son impact sur le trafic routier.

Chantier de construction à l'arrêt


Un ensemble immobilier de 128 logements

L'opération Bel Eden prévoit la construction de 128 appartements et pavillons individuels, sur une parcelle de terrain de 3,5 hectares, située dans la commune de Bagnères-de-Bigorre. Un projet novateur qui implique la mise à disposition de services pour ses occupants. 25 personnes devraient ainsi être recrutées, tandis qu'une centaine d'ouvriers seront nécessaires pour mener à bien le chantier. Le montant de l'investissement pourrait atteindre 30 millions d'euros.

Le projet a été présenté par le promoteur en 2015. Il escomptait alors le mettre rapidement en œuvre : "Il y a quatre-cinq ans, on me prenait pour un fou, aujourd'hui les résidences seniors sont de plus en plus plébiscitées et le Sud-Ouest fait rêver tout le monde. La commercialisation, sur plan, va durer quinze mois et le chantier deux ans pour une livraison prévue début 2019", déclarait-il à La Dépêche. Les futurs logements intéressaient de nombreux "particuliers souhaitant investir". Il n'excluait pas non plus "qu'un gros groupe, telle une société d'assurances, se porte acquéreur pour l'ensemble".

Mais, s'il a obtenu le permis de construire le 18 août 2016, tout ne s'est ensuite pas passé comme il l'entendait. L'exécution du projet a été contrariée par l'intervention de deux associations : France Nature Environnement 65, qui a déposé un recours, il y a deux ans, et La Voix verte des quartiers, qui proteste aussi.


"La circulation est déjà difficile"

Les opposants se sont élevés contre "l'absence totale de concertation et de réflexion sur l'augmentation de circulation provoquée par cet accroissement de population". Ils ont très vite calculé qu'une nouvelle résidence doublerait le trafic automobile et que l'aménagement des voiries n'avait pas été prévu : "Aujourd'hui, la circulation est déjà difficile par tous les chemins d'accès : aucune des voies existantes ne permet un croisement aisé de deux véhicules", a déclaré un porte-parole.

La circulation routière est un sujet très sensible, dans le secteur : "À l'heure où la ville de Bagnères met en œuvre une zone de rencontre agrandie, il serait bien qu'elle ouvre une concertation avec les associations intéressées et les citoyens pour mettre en œuvre un véritable plan de circulation qui n'accentue pas les difficultés actuelles et crée une véritable mobilité douce respectueuse de tous les usagers et de tous les quartiers. L'abandon du projet Bel Eden est une nécessité, une urgence", a-t-il poursuivi.


Une contre-attaque pour recours abusif ?

Le promoteur a quant à lui espoir que le tribunal lui permettra bientôt d'amorcer les étapes de commercialisation et de construction. Il n'exclut pas de déposer une plainte pour recours abusif : "Ils avaient un délai pour contester le projet", a-t-il rappelé. La municipalité, par la voix de son maire, assure que les inquiétudes des riverains ne sont pas fondées : "Dès la présentation du projet par le promoteur, on s'est penché sur cette question et on lui a accordé le permis sachant qu'il y a des possibilités de modification et/ou d'adaptation des accès. On pourra en discuter en public quand le permis sera validé."

La justice a repoussé la date du jugement à deux reprises. Elle devrait trancher dans les prochaines semaines.

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