Les promoteurs immobiliers vont-ils provoquer la fermeture de la champignonnière ?

Un projet immobilier de logements collectifs menace la champignonnière de Méry-sur-Oise. Située en centre-ville, elle pourrait être fermée en raison de l'acquisition de deux maisons placées au-dessus de la carrière qu'elle exploite.

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Une culture du champignon depuis trois générations à Paris

Après son grand-père et son père, Bruno Zamblera est à la tête d'une champignonnière. Ancien carrossier, il a relancé la spécialité familiale, il y a quelques années, bien que son père ait jeté l'éponge pour des raisons de trésorerie. Il cultive des champignons de Paris à la méthode ancienne, dans d'ex-carrières de pierre située sur la commune de Mery-sur-Oise.
 
Les affaires marchaient bien pour la champignonnière. L'entreprise est désormais menacée par un projet immobilier qui pourrait provoquer la fermeture des carrières qui accueillent ses cultures. Car le propriétaire de la surface est censé l'être jusqu'au centre de la Terre, et c'est tout le nœud du problème.
 

Un projet immobilier qui implique le remblaiement des sous-sols

Des promoteurs immobiliers ont signé des promesses de vente pour deux pavillons situés au-dessus des anciennes carrières. Or, si Bruno Zamblera n'a pas l'intention de céder l'espace qu'il exploite, il craint de ne bientôt plus pouvoir accéder à ses cultures : "Si ce projet se faisait, nous n’aurions plus d’entrée à la champignonnière ! La champignonnière perdrait la totalité des accès aux salles de culture ! Et cela nous conduirait à la fermeture", a-t-il expliqué au Parisien.
 
Les professionnels envisagent effectivement de raser les deux maisons et de bâtir un projet de logements collectifs qui impliquerait le remblaiement des sous-sols, dont les carrières. "Quand on a une exploitation en plein centre-ville, au vu de l’urbanisation galopante en Ile-de-France, on sait qu’à un moment ou un autre on va rencontrer des difficultés. Mais quand même, le champignon fait partie du patrimoine de Méry-sur-Oise", a ajouté le cultivateur.
 

La mairie affiche son soutien au cultivateur

La situation de l'exploitant ne laisse pas insensible. Il a reçu plusieurs soutiens, dont celui de la mairie. L'élu Pierre Edouard Eon "refuse également la perspective de la disparition de notre dernière champignonnière au profit d’immeubles dans la rue Camille Plaquet", explique encore le quotidien. 
 
Il a alerté le promoteur sur le dossier : "Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que ce projet ne voie pas le jour. Si un promoteur dépose un permis de construire conforme à la réglementation, la mairie n’a pas d’autre choix que de délivrer l’autorisation d’urbanisme, quel que soit l’avis qu’elle porte sur le projet. Il est regrettable que, sollicités par les promoteurs qui ratissent nos communes à l’affût d’opportunités de construire, les propriétaires Mérysiens acceptent de céder leur terrain, à un prix certes très attractif, mais qui signifie aussi le remplacement de maisons individuelles par des logements collectifs et une densification non souhaitée de l’urbanisation dans des zones résidentielles de notre commune", a ajouté l'élu dans un courrier adressé à Bruno Zamblera.
 
Il est probable que la champignonnière se défendra de toutes les façons possibles, afin de protéger son activité.

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