Les riverains s'opposent à la mise en vente d'un parc

Le département du Gard a mis en vente le parc Meynier de Salinelles, le 20 décembre dernier. Une élue écologiste et une association nîmoise de riverains s'y opposent. Elles veulent sauver leur "poumon vert" et ont lancé une pétition qui a recueilli plus de 7 500 signatures.

la parcelle contenant le parc Meynier de Salinelles (Nîmes) pourrait être vendue à un promoteur


Une mise en vente contrainte

En quête de solutions pour renflouer ses caisses, la collectivité a mis en vente une parcelle de 3 000 mètres carrés constructibles, le 20 décembre 2017. Elle pourrait lui rapporter 2,5 millions d'euros, si l'on en croit l'estimation réalisée par France Domaine. Le département juge le parc "non utilisé" et a déjà reçu plusieurs propositions émanant de promoteurs. Ce projet s'inscrit dans la politique prévue par le nouveau Plan Local d'Urbanisme (PLU), lequel préconise de densifier les logements dans ce quartier.
 
Denis Bouad, président du conseil départemental du Gard, envisage de profiter de l'opération pour acheter "un bâtiment basse consommation" afin que ses agents "travaillent dans des locaux plus fonctionnels". L'élu du parti socialiste se heurte néanmoins aux protestations d'habitants et de plusieurs opposants politiques.
 

Écologistes et riverains contestent la décision

Geneviève Blanc, élue d'Andaluze affiliée à Europe Écologie les Verts, mène la bataille pour sauver le parc de deux hectares : "C'est un poumon vert dans une ville déjà très minérale. Il a toute son utilité pour limiter les émissions de gaz à effet de serre", a-t-elle confié au média Objectif Gard. Elle est soutenue par le comité de quartier Gambetta-Révolution, qui a créé une pétition afin d'empêcher "la destruction du patrimoine écologique et historique nîmois". Le député MoDem de la 6e circonscription, Philippe Berta, affiche également son appui.
 
"Ils nous ont fermé entièrement l'accès au parc en juin 2016", a regretté Yann Roubeau, le président du comité. Il défend un projet de lieu social participatif et à même examiné, sans succès, les conditions du legs de la famille Meynier de Salinelles au département. "Nous demandons une réflexion commune sur le devenir de ce parc pour élaborer ensemble un projet cohérent pour construire notre ville et notre département de demain, sensible et respectueux du passé et des générations futures. Nous demandons à la Ville de Nîmes et à Nîmes Métropole de faire jouer leurs droits de préemption sur ce parc", a-t-il poursuivi.
 

Le département et la ville maintiennent le projet

"Nous avons reçu les associations, il n'y a pas de projet concret", a expliqué le président du conseil départemental. Il a placé la ville face à ses responsabilités : "Si elle veut préempter le terrain pour en faire un poumon vert, elle le peut", a-t-il précisé. Laurent Burgoa, adjoint au maire de Nîmes, a répondu et insisté sur le fait que préempter "coûte cher". Il a aussi rappelé qu'il y avait d'autres poumons verts à proximité : "Le Mont Duplan, le Mont Margarot ou les Jardins de la Fontaine".
 
Le département et la ville de Nîmes, qui brigue un classement au patrimoine mondial de l'UNESCO, ne sont pour l'instant pas sensibles aux arguments du mouvement. Les promoteurs peuvent donc faire parvenir leurs propositions.

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