Un immeuble futuriste va sortir de terre à Borderouge

La mairie de Toulouse s'est entendue avec un promoteur pour la construction de deux immeubles futuriste, à Borderouge. Elle ne déboursera pas un centime. Elle s'est résignée, en contrepartie, à lui céder une partie de la place de l’Europe, et à valider la construction d'un hôtel.

un promoteur va bâtir deux immeubles futuristes dans le quartier Borderouge
 

"Deux bâtiments aux courbes futuristes à Borderouge"

Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse, a posé la première pierre du chantier Sky-Line, le 24 octobre 2017. L'opération prévoit la construction de deux bâtiments aux courbes futuristes. L'un d'entre eux accueillera les services de la protection maternelle et infantile (PMI), lesquels étaient jusque-là basés dans l'ancienne caserne militaire de Compans-Caffarelli. 230 employés municipaux vont ainsi changer de lieu de travail. Le second bâtiment a été acheté par une société.

"Cette opération signifie offrir à nos agents un cadre de travail plus conforme aux normes d’aujourd’hui. Le bâtiment de Compans n’est plus aux normes et ne suffit plus à accueillir tout le monde. S’installer à Borderouge, c’est aussi faciliter l’accès à nos services aux familles qui seront amenées à venir à la rencontre de nos personnels", a expliqué l'élu (propos recueillis par Actu.fr).

Un campus numérique, une école, un hôtel et un espace co-working

Les immeubles, qui représentent 4 700 m² de surface, seront livrés en 2019. Le projet implique la réalisation d'un parking de 79 places, lequel devrait être suffisant puisque le métro se situe à proximité. En contrepartie, le promoteur a récupéré le tiers de la place de l'Europe et les locaux de l'ancienne caserne. Il envisage de bâtir un campus numérique, une école, un hôtel et un espace co-working. Cet échange permet à la mairie de ne rien avoir à débourser pour déplacer son personnel.

Joël Carreiras, opposant politique, s'insurge de cet accord. Il dénonce le manque de concertation : "Cette nouvelle cession d’espace public est celle d’une véritable braderie pour un lieu qui aurait mérité un autre avenir que celui de la spéculation. Bien sûr, les agents de la ville méritent des conditions de travail améliorées. Évidemment, la place de l’Europe mérite une véritable requalification. Mais ce que révèle cette affaire est l’absence totale de réflexion préalable pour savoir ce que l’on souhaite avant de se saisir paresseusement d’une opportunité offerte par le marché, a-t-il lâché au média. C’est bien tout le contraire d’une politique de l’urbanisme, La place de l’Europe, à Toulouse, mérite mieux que son amputation et la livraison, par procuration, de son devenir. À ce titre, méritant mieux qu'un compromis avec les promoteurs, elle aurait gagné à voir tracé son avenir avec les riverains."

"Donner un nouveau souffle à Compans"

Le maire ne prend pas la gronde au sérieux : "L’on a pu entendre que le projet de Compans n’a pas de consensus. Nous avons l’habitude… Nous avons donc délibéré car si l’on doit attendre le consensus pour avancer. Le nouveau projet va donner un nouveau souffle à Compans avec une école innovante dans une filière, le numérique, qui connaît une croissance importante", a-t-il déclaré.

L'accord initial, conclu en 2016, ne prévoyait pas d'hôtel capable d'accueillir étudiants et public, mais une résidence étudiante. La municipalité a accepté l'augmentation de la taille du projet du promoteur pour économiser 400 000 euros et réaliser une "opération blanche".

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