Toulouse : un lotissement de 54 logements provoque la zizanie

Un promoteur planifie la construction de 54 logements, rue Bayès, à Toulouse. Le chantier a débuté malgré des voiries très étroites, et une bataille l'oppose désormais aux riverains, qui ont adressé un courrier au préfet.

Centre-ville de Toulouse


Une résidence de 54 maisons

L'opération prévoit la construction d'une résidence réunissant des maisons de ville et des appartements T3 et T4, dans "un quartier cossu" de la ville rose. Le projet se situe à proximité d'une ligne de bus et de toutes les commodités, depuis les commerces à la base de loisir. Le cadre est annoncé calme et verdoyant, dans un espace clos et sécurisé. Les résidences devraient avoir des allures de "bastides enveloppées de jardins" et l'architecte a tenu à rendre "hommage aux villas toulousaines".

Les prestations tiennent compte des normes et réglementations en vigueur, et les bâtiments répondent à la volonté de densification urbaine prônée par la mairie. Tout ne se présente néanmoins pas comme le voudrait le maître d'ouvrage.
 

Un réseau de voiries insuffisant ?

Le permis de construire, validé par la municipalité, ne prévoyait pas de modification en ce qui concerne les voiries. Et, alors même que les travaux n'en étaient qu'aux balbutiements, des riverains se sont plaints de la circulation saturée. Un collectif s'est créé afin de convaincre le promoteur de revoir sa copie : "Sur sa partie la plus restreinte, notre rue ne mesure que 4,30 m avec un seul trottoir. Les véhicules s’y garent à cheval et une partie de la chaussée n’est plus disponible pour les piétons qui vont prendre le bus", a indiqué son représentant, Jean-Michel Gout, à la Dépêche.

Le promoteur a réagi en opérant un modificatif du permis de construire, en février 2017, qui a été accepté par la mairie toulousaine. Il n'a toutefois pas été mis en application : "Au début du chantier, en mars dernier, le promoteur est revenu sur la proposition et malgré les prescriptions, il a refusé d’ouvrir la partie du Prilloumé. Nous avons demandé une médiation au maire de Toulouse qui a mis un mois et demi pour nous répondre, pour finalement nous dire que le permis de construire avait été validé et qu’on avait qu’à s’arranger entre nous", a poursuivi Jean-Michel Gout.
 

"Les habitants du chemin n’étaient pas non plus favorables"

Créer un accès sur le chemin du Prilloumé posait en réalité d'autres problèmes. Le directeur régional du promoteur s'en est expliqué : "La solution préconisée vers le chemin du Prilloumé, que nous avons envisagée, se heurtait à un problème de servitudes de passage. Et les habitants du chemin n’étaient pas non plus favorables. Plutôt que d’impacter les deux côtés de la résidence, on est revenu au premier projet en accord avec la métropole", a-t-il déclaré au journal.
 
Il est convaincu que le quartier n'en pâtira pas : "C’est un projet cohérent, le mieux pensé possible avec l’urbanisme existant et qui sera parfaitement intégré dans le voisinage à sa livraison avec un impact très faible en termes de hauteur et de densité." L'association de riverains a quant à elle adressé un courrier au préfet, afin de lui demander d'intervenir. L'affaire ne devrait donc pas s'arrêter là.

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