Des riverains s'opposent à un programme immobilier

Des habitants de Saint-Leu-la-Forêt s'opposent à un projet de construction de résidence de 170 logements "haut de gamme". Ils veulent notamment empêcher la destruction d'une salle culturelle, la Croix-Blanche.

chantier de résidence entamé par le promoteur, après délivrance du permis de construire et purge de tout recours

Un programme de 170 logements

Comme d'autres projets de la commune de Saint-Leu-la-Forêt, le programme censé se développer à la place de l'équipement culturel de la Croix-Blanche se heurte à la gronde de certains habitants. Il prévoit la destruction de la salle et la construction de 170 logements "haut de gamme". Il implique également un parking de 300 places, en sous-sol, sur deux niveaux. La surface "plancher" est de 12 000 m² tandis que l'édifice est en R+3 avec comble. Les façades sont prévues en pierre de taille de Saint-Maximin (Oise).

L'opération a été présentée aux riverains, il y a quelques jours. Le promoteur se heurte néanmoins à une opposition farouche. La maire de la ville, Sandra Billet, a même été prise à partie à plusieurs reprises. Il y a quelques jours, des habitants ont défilé pour dénoncer un "bétonnage intensif". Plusieurs projets sont dans le collimateur, dans la ville et les communes voisines.


Une salle culturelle trop vétuste

L'objet principal de la contestation réside dans la destruction de la salle culturelle. L'élue dénonce sa vétusté et promet qu'elle sera remplacée par un local "plus moderne et plus grand, de l'autre côté de la gare". Sa création est en cours d'élaboration : "Le projet est en train de se monter, je rencontre des architectes", a-t-elle précisé (propos recueillis par le Parisien).

Les opérations ne sont pas synchronisées et la salle pourrait manquer pendant une année. "Ne serait-ce pas plus simple de conserver la Croix-Blanche ?" s'est interrogée une habitante. Une autre a plutôt penché pour le report du projet de logements : "Ne peut-on pas attendre que la nouvelle salle soit construite pour détruire la Croix-Blanche ?"


L'absence de logements sociaux pointée du doigt

Outre le problème de l'équipement municipal, certains opposants s'insurgent de l'absence de logements sociaux dans le programme du promoteur. La commune affiche effectivement un déficit en ce domaine (13,4 % des logements, contre 25 % prévus par la loi, d'ici 2025, Ndlr). Elle est chaque année sanctionnée d'une amende et doit notamment verser 436 000 euros à l'état, pour l'année 2018. "L’art de vivre saint-loupien gagnerait à être partagé avec les plus modestes", a lancé une opposante. L'élue a répondu qu'il y avait déjà des biens sociaux, "tout autour de cet îlot".

Enfin, l'argument de la circulation est également repris. Les voiries sont déjà jugées "saturées" et aucun aménagement n'est prévu dans le projet. La construction de cette résidence pourrait faire croître le trafic de 10 %, juge le promoteur, qui a tout prévu. "On a fait un comptage aux trois nœuds des rues pour compter le flux existant et le flux futur", a-t-il fait savoir.

Le dossier du permis de construire devrait être déposé lors du prochain été. Le chantier pourrait commencer lors du premier trimestre 2019, tandis que la livraison serait assurée lors de l'été 2021. Une seconde réunion devrait bientôt avoir lieu.

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