Un projet immobilier de grande ampleur fait polémique à côté de Saint-Tropez

 À Cogolin, une commune de la région PACA proche de Saint-Tropez, le terrain de l’hippodrome fait débat car la mairie et le promoteur COGEDIM souhaite y construire un énorme projet immobilier, mais des oppositions fortes se font entendre afin de protéger ce coin de nature.

L'hippodrome est le dernier poumon vert de la ville pour les habitants.

Le contexte du terrain de l’hippodrome

Ce terrain est cher aux yeux des habitants de la commune car c’est le dernier poumon vert du Golfe. Le maire de la commune, Marc-Etienne Lansade, prévoyait un aménagement sur ce terrain de 133 000 m² pour près de 40 000 m² d’espaces verts au total. Pour ce faire, une promesse de vente a été établi avec COGEDIM à hauteur de 34,8 millions d’euros pour 9,8 hectares de terrain.
 
Le projet du promoteur immobilier est de construire 568 logements répartis en sept bâtiments sur 55 000 m². Afin de faire valider ce gigantesque projet, le maire a décidé d’essayer de labelliser le futur nouveau quartier en « éco-quartier ». Pour ce faire, 4 hectares d’espaces verts seront conservés notamment pour y installer un parc. Le nouveau quartier prévoit également la construction d’un nouveau poste de police, d’une école, d’une ligne de bus et des habitations. Tout ceci dans le but de créer de la valeur sur la façade maritime.
 

Un projet qui prend du plomb dans l’aile

Alors que le projet a vite fait débat au sein des habitants et certains élus locaux, les porteurs du projet ont tenté de demander une étude au cas par cas des différents projets immobiliers qui devaient être construits sur le site afin d’éviter une étude d’impact. Celle-ci est obligatoire pour un projet dépassant les 100 000 m² et c’est une étude longue et coûteuse, c’est pour cette raison que le projet a été réduit afin d’essayer d’échapper à cette étude. Seulement la DREAL (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) a refusé l’étude au cas par cas, privilégiant l’étude d’impact.
 
Le verdict de la DREAL sur le rapport environnemental a été très négatif. L’autorité, régie par l’État, déclare que l’étude « semble avoir été réalisée avant l’aboutissement de certaines expertises (étude géotechnique, dossier loi sur l’eau) » et « des insuffisances importantes dans l’état initial, la description du projet, l’analyse des impacts et la proposition de mesures dans les domaines de la biodiversité, du paysage, de l’eau, de la géotechnique et des déplacements. Les incidents et mesures proposées doivent être consolidés voire réévalués. ». Parmi les menaces de la biodiversité, la DREAL parle notamment de l’aire de répartition de la tortue d’Hermann. La menace de ces tortues avait notamment bloqué un programme immobilier à Carcès, une commune à 1h de Cogolin, où la construction d’un collège était remise en cause en attendant que le promoteur trouve où les reloger.
 
Ce constat valide les doutes des différentes associations qui sont montées au créneau ses derniers mois contre le projet immobilier. L’association « Place Publique » notamment dont le président déclare bien vouloir qu’il y ait un intérêt économique mais qu’il «ne peut pas se réduire à de la spéculation immobilière destructrice, néfaste et dangereuse pour les riverains du quartier ». Le fait que les habitants de la commune n’ont pas été concertés ou informés des projets de ce terrain démontre pour eux une contradiction totale avec la démarche d’un éco-quartier.
 
COGEDIM a apporté des réponses à la DREAL afin d’essayer de les convaincre. Renvoyant la responsabilité à la municipalité pour les transports et déclarant que l’aspect géotechnique était « en cours d’établissement ». Le promoteur souligne aussi que le nombre d’arbres augmentera de 298 à 509. Reste à savoir si l’État jugera suffisant les éléments fournis et validera ce projet qui fait polémique...

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