Franconville, l'oublié du Grand Paris Express

Disposant d'un réseau routier et d'équipements intéressants, Franconville ne figure pas sur le tracé du Grand Paris Express, au grand dam de sa mairie. Cette dernière tente néanmoins de répondre à la demande croissante en logement.

Vue aérienne Franconville
 

Le Val-d'Oise reste à l'écart du Supermétro Grand Paris

L'ancien maire de Franconville, Francis Delattre, ne décolère pas, depuis la divulgation du tracé des lignes du Grand Paris Express. Le Val-d'Oise ne comptera effectivement aucune gare, bien que ses communes participent à son financement : "Nous payons des taxes et ne bénéficions pratiquement d’aucun service", avait-il déploré (propos relayés par VOnews95), après l'audition par le sénat de Jean-Yves Le Bouillonnec (président du conseil de surveillance du Grand Paris) et Philippe Yvin (président du directoire de la Société du Grand Paris).
 
Il ne mâche pas ses mots pour dénoncer l'oubli de son département : "Les deux auditionnés qui vont tout de même dépenser 25 milliards d’euros dans les années à venir ont expliqué avec conviction que les projets d’infrastructures composant le réseau de transport public du Grand Paris baptisé Grand Paris Express sont destinés à réduire les inégalités urbaines. C'est un projet excellent pour 6,5 millions d’habitants de la région Ile-de-France et déplorable pour les autres 5,5 millions", a-t-il ajouté.
 

De nombreuses démolitions pour de nouvelles constructions de logements

La ville fait par ailleurs face à une très forte demande en logement. Elle a conduit la municipalité à multiplier les autorisations de chantiers de programmes immobiliers, ces derniers mois. Au point d'inquiéter certains riverains : "Rue de la Station, cinq maisons sont démolies pour faire 114 logements. Je suis triste et en colère. L’État et la loi Alur demandent aux maires de construire des logements près des gares, et toutes les villes sont confrontées à ça, mais ici, on fait du zèle. On n’a plus de terrain disponible, alors on casse. C’est la folie immobilière, ça ne s’arrête pas", a confié l'un d'entre eux à Actu.fr.
 
Le nouveau maire, Xavier Melki, a tenté d'expliquer la politique mise en application : "On a une véritable crise du logement, et cette crise impose, par la loi, des obligations." La commune compte 20 % de logements sociaux et ne paie pas de pénalité. Elle est néanmoins victime de son succès, alors qu'elle a été l'une des premières à créer un plan local d'urbanisme (PLU) et à planifier la construction de 1 500 logements. "L’attractivité de la commune fait que des programmes immobiliers se sont développés très rapidement", a-t-il ajouté. Et il assure que l'avenir sera plus calme : "Le PLU est réalisé en bonne partie, même s’il permet d’accueillir encore de nouveaux Franconvillois. Mais on n’aura plus le même niveau de construction, de façon simultanée je veux dire. On est sur un processus qui tend à stabiliser la population."
 
Car selon les statistiques de l'INSEE, la ville a gagné 2 000 habitants, depuis cinq ans, alors que la population était stable, depuis les années quatre-vingt. Les tarifs de l'immobilier s'en sont ressentis, puisqu'ils ont augmenté de 4,3 % sur les douze derniers mois, selon MeilleursAgents. Le prix au m² moyen d'un appartement est actuellement de 2 815 euros, tandis que celui des maisons est de 3 142 euros. Et cela ne fait que commencer !
 
 
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