La tour résidentielle autonome de Taïwan

De nombreuses villes d'Asie, d'Amérique du Nord ou d'Europe ont pris le problème de la pollution à bras-le-corps. Au point de favoriser le développement de projets futuristes, qui paraissent arrivés tout droit des univers imaginés par Philippe K. Dick ou d'Isaac Asimov. Taipei a donné le feu vert pour l'opération Thao Zhu Yin Yuan Tower, ou Agora Garden. Une tour qui associe agriculture et urbanisme.

la tour tao zhu yin yuan, à Taipei sur l'île de Taïwan
 


Un bâtiment en forme de molécules d'ADN

La construction de l'Agora Garden a débuté en 2013. Sa silhouette a été dessinée par l'architecte belge Vincent Callebaut. L'édifice est en forme de double hélice. Il pivote de 4,5 degrés à chaque étage, et totalise 42 335 m² de surface, sur 25 étages. Il accueille 40 appartements haut de gamme. Chacun d'entre eux est pourvu d'un balcon accueillant un jardin très travaillé et censé produire des fruits et des légumes.

L'opération répond à quatre objectifs prioritaires, rappelés par Construction 21 :

- La réduction du réchauffement climatique,
- La protection de la nature et de la biodiversité,
- La protection de l'environnement et la qualité de vie,
- La gestion des ressources naturelles et des déchets.

"La tour présenteun concept pionnier d'éco-construction résidentielle durable qui vise à limiter l'empreinte écologique de ses habitants en recherchant une symbiose juste entre l'être humain et la nature", a expliqué l'architecte dans une note publiée sur internet.


En mission dépollution

Taïwan mesure peu à peu le danger lié à la pollution. Sa capitale, Taipei, affiche une croissance démographique très importante. Elle se réveille parfois dans un brouillard qui n'a rien de naturel. Et si elle en est arrivée à demander aux religieux d'arrêter de brûler de l'encens et des billets factices, elle est également soucieuse de limiter l'impact néfaste des nouvelles constructions. L'Agora Garden s'inscrit dans cette volonté de privilégier des constructions écologiques et à énergie positive.

Vincent Callebaut tente de proposer des solutions aux problématiques liées à l'augmentation de la population mondiale : "En 2050, nous serons 9 milliards d'êtres humains sur notre planète bleue et 80 % de la population mondiale vivra dans les mégapoles. Il est temps de prendre des mesures contre le changement climatique, d’inventer de nouveaux modes de vie éco-responsables et d’intégrer la nature dans nos villes. Ce n’est pas une tendance. C’est une nécessité !" a-t-il développé.


Ventilation naturelle, potagers, phytoépuration…

L'édifice s'inscrit donc dans une forte démarche environnementale. Il devrait accueillir la bagatelle de 23 000 arbres, capables d'absorber 130 tonnes de dioxyde de carbone par an. Les jardins, construits en cascade, abriteront de nombreux types de végétaux. Les essences seront sélectionnées afin de permettre aux habitants d'obtenir de la nourriture à toutes saisons.

La construction prévoit, entre autres, une immense pergola de 1 000 m² pourvue de panneaux photovoltaïques. Il intègre également un système de récupération/phytoépuration des eaux de pluie. Le parking sous-sol bénéficie quant à lui de la lumière naturelle, via des puits de jour. Comme les autres équipements (piscine et salle de fitness, Ndlr), il est ventilé naturellement. Et l'opération prévoit bien d'autres technologies vertes.

"Le défi d'une révolution écologique positive !" a conclu l'architecte sur son site web.

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