Le projet Indigo épinglé par le ministère de l'Environnement

Le ministère de l'Environnement a publié un rapport révélant des manquements dans le programme immobilier Indigo, lequel se développe sur la commune de Mont-Tremblant, au Québec. Le promoteur pourrait écoper d'une amende.


 

Un programme localisé dans un milieu humide

Le ministère de l’Environnement du Québec a publié un rapport, daté du 17 décembre 2018 et qui a été rendu public par L'information du Nord. Il met en lumière les infractions du projet Indigo, lequel est censé se développer à Mont-Tremblant. Le document soulève le problème du rejet "d’un contaminant, soit des sédiments provenant de déblais entreposés sur le chemin d’accès à l’ouest du projet de développement Indigo dans un cours d’eau". Il dénonce également sa situation dans une zone humide et reproche à la ville d' "avoir réalisé un projet […], à savoir le creusage dans un cours d’eau redressé longeant la rue Labelle sur lot 3 280 654, sans avoir obtenu l’autorisation préalable du ministère".
 
L'investigation a été réalisée par l’inspectrice Sandra Veilleux, suite à une plainte reçue en février 2018 pour "travaux d'excavation dans un milieu humide". L'inspection des travaux a eu lieu le 4 juillet 2018.
 

Un projet qui prévoit la construction de 30 bâtiments

Le programme est basé au cœur de la Forêt Noire. Il prévoit la construction de 30 bâtiments, répartis en 90 maisons jumelées, triplex neufs et condominiums, d'une à cinq chambres. Le promoteur revendique "un écosystème axe sur la préservation et la mise en valeur de la richesse naturelle du quartier". Les logements sont positionnés haut de gamme, tandis que les immeubles s'élèvent sur trois étages, avec un rez-de-chaussée hors sol, afin de "maximiser la luminosité des aires de vie". L'architecture, mêlant pierre et bois, a été choisie pour être en harmonie avec la nature et les lignes électriques seront enterrées pour sauvegarder le paysage. La superficie totale du site représente près de 42 000 m². Le chantier a débuté en été 2018 et les premiers biens ont été livrés un peu avant Noël.
 
La localisation paraît idéale, alors que Mont-Tremblant propose un décor très attrayant et est réputé pour sa gastronomie, son casino, ses commerces, son dynamisme, tant culturel que sportif, et son immense parc naturel. La commune accueille 2 millions de visiteurs par an et se revendique comme "un centre de villégiature de calibre international".
 

Une amende de 10 000 dollars pour le promoteur ?

L'inspectrice évoque la possibilité de sanctionner le responsable du programme d'une amende de 10 000 dollars canadiens (6 625 euros au cours actuel). Elle note néanmoins, en facteur atténuant, qu'il a déjà entrepris des travaux pour se conformer à la Loi sur la qualité de l'environnement du Québec (LQE). Elle ne compte pas non plus se montrer trop sévère avec la ville et prône "un suivi de manquement sans inspection afin de vérifier les correctifs apposés".
 
Le média relaie aussi les propos tenus par Sophie Gauthier, conseillère en communication au ministère de l’Environnement du Québec (MELCC), qui a précisé qu'aucune sanction n'avait pour l'instant été prononcée contre le promoteur. "Le Ministère continue d’assurer un suivi du dossier et n’exclut aucun autre moyen pour assurer la conformité à la LQE", a-t-elle indiqué.

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