Québec : l'immobilier se porte mieux que dans le reste du Canada

Les prévisions annonçaient une chute des ventes immobilières, après les modifications des règles hypothécaires et la hausse des taux d'intérêt qui en découle. Les transactions continuent néanmoins de progresser. Elles ont augmenté de 6 % en 2017, et 2018 prend le même chemin.

quartier résidentiel québécois

Des règles hypothécaires plus strictes

Le gouvernement fédéral canadien a une nouvelle fois modifié les règles hypothécaires. Elles se sont durcies, depuis janvier 2018. "Désormais, même les personnes qui ont une mise de fonds d’au minimum 20 % et dont le ratio de prêt est de 80 % ou moins, devront se qualifier avec un taux d’intérêt réel majoré de 2 %", a indiqué Denis Doucet, directeur de l’Académie Multi-Prêts, au Journal de Montréal. Cela signifie "qu’il faudra ajouter 2 % aux taux hypothécaires".

La capacité d'emprunt des Canadiens devrait, en conséquence, être réduite. "Selon nos calculs, celle-ci sera amputée de 60 000 à 65 000 dollars (de 39 000 euros à 42 000 euros, Ndlr)", a ajouté le directeur. Certains acquéreurs potentiels pourraient même se voir refuser un prêt hypothécaire : ils devront faire assurer leur emprunt.


Le marché de l'immobilier en a pris un coup…

Les ventes immobilières de Vancouver ont chuté de 10 %, ce mois de mars. Les professionnels ne cachent pas leur crainte, alors que la baisse des transactions pourrait atteindre -17 %, un peu partout au Canada, d'après les prévisions de certains économistes.

Autre exemple, à Toronto, le marché des maisons et des condominiums a vu ses ventes diminuer de 39,5 %, en mars, selon la Chambre immobilière. 7 200 propriétés ont changé de mains, contre 12 000 en 2017. Les tarifs ont également décru, puisque les prix de vente sont inférieurs de 14,3 %. La chambre prévoit un regain, pour la seconde partie de l'année, mais l'inquiétude est vive.


… Mais pas au Québec

Le Québec n'est pas touché. L'augmentation des taux d'intérêt n'a pas impacté la motivation des citoyens. Plutôt que de reporter leur achat, les Québécois l'ont adapté à leur capacité d'emprunt. Et la plupart se sont retournés vers des propriétés moins onéreuses. Certains auraient hâté la concrétisation de leur projet, de peur que la situation s'empire. Le faible taux de chômage, conjugué à la légère inflation, ont favorisé les transactions du début d'année.

En 2017, les ventes ont enflé de 6 %. Et sur les premiers mois de 2018, la croissance s'est poursuivie : "Le Québec va très bien. Pourtant, les nouvelles règles hypothécaires et la hausse des taux d’intérêt laissaient croire que les ventes allaient chuter de 25 %, ce qui ne s’est pas concrétisé, bien au contraire", a soufflé Sylvain Mantha au journal.

2018 a ainsi connu la plus forte progression des ventes, au premier trimestre, depuis 2012. Si l'on en croit la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), les transactions ont augmenté de 3 %, de janvier à mars, par rapport à 2017. 22 050 se sont réalisées, bien que l'offre ait été plus réduite : le nombre de propriétés sur le marché a, lui, décru de 16 %.

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