Un tour de 18 étages à la place d'une vieille église ?

Un promoteur envisage de bâtir une tour de 18 étages sur le site d'une vieille église, dans le quartier du Vieux-Limoilou de la ville de Québec. Certains habitants s'y opposent.

un promoteur veut bâtir une tour de 18 étages sur l'emplacement d'une vieille église, dont il a racheté la parcelle


Le promoteur veut construire un immeuble de 18 étages

Un groupe immobilier s'est porté acquéreur de l'église Saint François d'Assise, dans la capitale nationale du Québec. Il envisage sa démolition et la construction d'une tour de 18 étages. L'opération est à dessein locatif : 103 logements, des T3 et des T4 bénéficiant de vues exceptionnelles, pourraient être loués à des tarifs compris dans une fourchette de 900 à 1 600 dollars canadiens. Et deux niveaux, soit environ 2 200 m², devraient être occupés par des commerces. L'immeuble a été baptisé "Le Hedley", en hommage à William Hedley Anderson, l’un des bâtisseurs de Limoilou.

L'architecte souhaite inscrire le projet dans une démarche à développement durable. Il envisage une toiture végétalisée et promet de garder les deux tiers des arbres présents sur le terrain. Il escompte aussi l'ouverture d'une terrasse collective, dotée d'un chalet urbain, et d'une œuvre d'art. Une dotation représentant 1 % du montant total de l'investissement pourrait être utilisée pour un concours auquel participeraient les articles québécois. Le promoteur a aussi prévu un nombre important de parkings souterrains (119), de façon à ne pas altérer la fluidité de la circulation du quartier. Cette dernière est déjà rendue difficile par la présence de l’hôpital Saint-François-d’Assise.


"Ce type de projet immobilier n'a pas sa place ici"

Les perspectives liées à l'arrivée d'automobiles supplémentaires et à la suppression du tiers des arbres freinent certains habitants. La hauteur de la tour et son impact au sol pourraient avoir une influence non négligeable sur le voisinage. Ils ne sont pas réceptifs aux arguments du promoteur et s'opposent à l'idée d'accueillir un tel ouvrage : "Ce type de projet n’a pas sa place dans un quartier résidentiel et familial", a résumé une citoyenne.

Lors de la présentation du projet, le groupe immobilier a tenté de rassurer et notamment rappelé que le clocher actuel équivalait la hauteur d'un immeuble de 19 étages. En temps normal, la réglementation n'autorise qu'un nombre maximal de 20 logements sur 5 étages. La municipalité affiche néanmoins la volonté de densifier son centre et la tour devrait obtenir une dérogation.

"Souvent, les gens vont maudire le promoteur, mais il y a des raisons très simples pour lesquelles la Ville accepte un projet, a indiqué le responsable du groupe immobilier. Sur presque 60 % du terrain, l’édifice aura 2 étages. Les 18 étages sont sur l'axe de la 1re Avenue, qui est structurante pour le transport collectif, où il y a des institutions, l'hôpital, l'école. La Ville veut développer, densifier le centre-ville. Il faut aussi une intégration architecturale au cadre bâti. Ça, c’est le rôle de la Commission d’urbanisme de nous diriger dans ce processus."

Deux projets ont été refusés par la municipalité, en 2013 et 2014. La troisième candidature pourrait être la bonne. "Nous avons présenté des plans à la Ville et nous avons reçu un accueil favorable", a ajouté le promoteur. La tâche la plus délicate paraît désormais consister à convaincre les riverains du bien-fondé de l'opération.

A lire également dans le dossier Articles sur l'immobilier à l'étranger :

i