Squat à Aubervilliers : le promoteur immobilier récupère son terrain après 3 ans d’injustice

Le 13 octobre au petit matin, le promoteur PDG Valoptim, propriétaire du terrain à Aubervilliers, se retrouve face à face avec les individus qui ont occupé son bien immobilier depuis déjà trois années. Une quarantaine de squatteurs ont privé le PDG Valoptim, Edouard Pellerin, de démarrer son projet immobilier baptisé “Villa Capucine” sur son terrain de 2 000 m2, qu’il a acquis au mois de juillet 2017.
Ce sont des familles immigrées, venues de l’Europe de l’Est qui se sont installées illégalement dans une maison et deux petits immeubles à Aubervilliers, en banlieue parisienne.


Squat Aubervilliers



2 ans de procédure contre les familles moldaves

 
Après avoir dépensé près de 400.000€ de frais d’études pour son programme immobilier, le promoteur ne lâche pas l’affaire face aux squatteurs. Dépossédé de son terrain durant 3 ans, il était toutefois redevable, des différentes taxes et des impôts concernant son bien foncier inutilisable. «Nous avons l’impôt foncier à payer et une redevance pour création de logements, qui s’élève à plus de 200 000 euros ici et que le Trésor Public nous réclame sans aucune difficulté malgré la situation», dénonce le promoteur immobilier.

Les familles du squat ont également eu le droit, pendant les deux années de procédure contentieuse, d’obtenir un contrat d’énergie, et ont même payé une taxe d’habitation, alors que leur présence sur les lieux était totalement frauduleuse. Quant aux comptes de l’agence Valoptim, ils ont été saisis car ils n’ont pas payé la taxe d'aménagement, alors que la construction du projet immobilier n’a pas pu démarrer pendant 3 ans à cause du squat sur le terrain et surtout, “à cause de l’inertie de la justice française”.

Après une longue attente, la Cour d’Appel donne gain de cause en faveur du promoteur immobilier Valoptim. Malgré les péripéties judiciaires et la décision prise par la Cour d'Appel, les squatteurs ont tout de même continué à occuper les lieux jusqu’à l’arrivée des 5 camions de CRS.
 


Les CRS pour libérer les lieux

 
D’après le promoteur immobilier, la pression médiatique lors de l’affaire Théoule-sur-mer aurait facilité la libération de son dossier. Il aurait été immédiatement appelé par son huissier pour l’expulsion des familles en temps et heure.

Environ 80 CRS sont intervenus pour affranchir le terrain occupé par les squatteurs. Et pourtant, le PDG Valoptim est loin de pouvoir retrouver sa tranquillité pour la mise en place du projet de construction “Villa Capucine”. Après avoir dû payer le déménagement des meubles des précédents occupants, et dès le début du chantier, certains squatteurs seraient revenus pour essayer de s’introduire sur sa parcelle. Edouard Pellerin s’est donc vu dans l’obligation d’embaucher des maîtres-chiens pour protéger son terrain des squatteurs.

Une des habitantes du squat assure qu’elle vit dans ce petit immeuble depuis 2017 et qu'elle paye un loyer à une dame. D’après elle, certaines familles vivent dans ces locaux insalubres depuis 2011. Les hommes travaillaient comme VTC ou dans le bâtiment et se plaignaient du promoteur immobilier. Il leur aurait promis de leur trouver du travail s'ils quittaient les lieux rapidement et il n’aurait rien fait de tout cela. Edouard Pellerin, lui, assure n’avoir jamais promis de travail mais d’avoir proposé 2.000 € par personne, pour qu’ils puissent déménager avant le début du chantier, mais il n’a jamais reçu de réponse pour sa généreuse proposition.
 


Des frais élevés : jusqu'à 25 000 euros à la charge du promoteur immobilier


Le bâtiment “Villa Capucine” devrait voir le jour en automne 2022, avec ses 49 logements situés proches de Paris. Ces logements qui correspondent à des studios jusqu’au T4 , ont perdu la moitié de leurs futurs acquéreurs.

La note est salée pour le promoteur Edouard Pellerin, qui en plus d’avoir perdu plusieurs de ses clients qui avaient réservé leur logement, il compte en sa défaveur 25 000 euros de procédure judiciaire. «On a dû utiliser nos fonds propres pour acheter le terrain car personne ne voulait nous assurer. En plus, on me réclame plus de 16 000 euros de taxe foncière et 195 000 euros de taxe d'aménagement majorée de plus de 26 000 euros. Un comble !» dénonce-t-il.

Par la suite des conséquences financières, la mairie d’Aubervilliers et la préfecture de Seine-Saint-Denis n’ont pas souhaité répondre favorablement aux sollicitations du promoteur immobilier.



Informations complémentaires :
Francetvinfo - Île-de-France : un promoteur en guerre contre des squatteurs

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