Le PDG de Nexity critique la loi Elan mise en place par le gouvernement

Alain Dinin, président de Nexity, critique la politique du logement mise en place par le gouvernement. Il n'est pas d'accord avec de nombreux points contenus par la loi Elan et l'a fait savoir dans une lettre ouverte adressée au président de la République.

Alain Dinin, PDG de Nexity

 

Dinin dénonce une politique "sans vision ni pensée"

Alain Dinin, le PDG de Nexity, premier groupe français de promotion immobilière, a adressé une lettre ouverte à Emmanuel Macron, la veille de la promulgation de loi Elan. Il s'oppose effectivement à certaines des modifications contenues par son texte. "Le gouvernement avait promis de renverser la table mais il ne s'est rien passé, au contraire : le choc d'offre n'est pas au rendez-vous nous l'avions annoncé il y a déjà un an parce que la politique comptable oublie de considérer la demande", a-t-il indiqué (propos relayés par Les Echos).
 
Il considère en premier lieu que la loi ne propose rien de convaincant pour lutter contre les difficultés actuelles. Les ventes de logement neuf ont effectivement chuté de 17 %, depuis le début de l'année. Cela s'explique par la hausse des prix de 3 % et la fin de la baisse des taux. Les demandes de permis de construire ont quant à elles diminué de 10,2 %, au troisième trimestre 2018. Et la situation ne devrait pas s'améliorer sur les deux années
 

Le prix des terrains, le zonage, les aides… Ses chevaux de bataille

Le patron de Nexity prône une fixation du prix des terrains, de façon à endiguer la spéculation à outrance et maîtriser les tarifs du foncier. Il souhaite également que la loi impose un nombre d'étages minimum et d'utiliser l'ensemble des droits à construire des plans locaux d'urbanisme (PLU). Le média rappelle d'ailleurs que certaines communes ont "déjà pris ces habitudes pour éviter la spéculation". La majorité utilise toutefois les enchères pour tirer le maximum de leur vente, afin de financer les équipements publics.
 
Alain Dinin propose de remplacer le système de zonage par une politique régionale du logement. Il pense qu'il est temps de mettre un terme à l'application de politiques conçues à Paris et inadaptées à d'autres régions. Il milite aussi pour le rétablissement de certaines aides, en particulier l'APL accession, laquelle bénéficiait à 60 000 ménages par an, pour le maintien de la loi Pinel et du prêt à taux zéro. Il sollicite la réduction de la TVA de 10 à 5,5 % pour le logement locatif très social.
 
Le président de Nexity demande enfin une révision du statut professionnel du bailleur privé, de façon à obtenir "un amortissement fiscal allant de 1 à 4 % par an, selon les loyers pratiqués par les propriétaires sur 80 % de la valeur du bien". L'idée de cette mesure, qui revient régulièrement sur le tapis, se heurte néanmoins aux craintes du ministère de l'économie et des Finances de voir ses recettes diminuer. Alain Dinin est d'ailleurs convaincu que les analyses de ce dernier sont faussées par la non-prise en compte des transactions supplémentaires qu'elle occasionnerait.

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